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[AMSTERDAM] La recherche sur le VIH doit se concentrer sur les jeunes femmes et les filles, dont les taux d'infection sont toujours en hausse, en dépit d'un ralentissement mondial.

Les femmes âgées de 15 à 24 ans constituent la seule tranche de la population où le taux mondial d'infection par le VIH augmente, ont déclaré les délégués à la conférence AIDS 2018, du 23 au 27 juillet à Amsterdam, aux Pays-Bas.

Les jeunes femmes et les jeunes filles portent également une part plus importante du fardeau du VIH que les hommes et les garçons dans de nombreuses régions du monde. En Afrique de l'Est, environ 2,5% des femmes âgées de 15 à 24 ans sont porteuses du virus, contre environ 1% des hommes.

Une partie du problème est que l'étude des femmes en tant que sous-groupe est difficile, ont déclaré les scientifiques. C'est parce que les femmes dans les zones pauvres sont souvent moins alphabétisées et mobiles que les hommes, ce qui signifie qu'elles peuvent avoir du mal à apporter leur expérience à la science. Elles peuvent également rencontrer des obstacles spécifiques à la recherche d'un traitement ou à la participation à la recherche, tels que les devoirs de soin envers les enfants et les personnes âgées.

Comprendre ces obstacles est particulièrement important quand il s'agit de femmes marginalisées telles que les travailleuses du sexe, a déclaré Stefan Baral, épidémiologiste à la Johns Hopkins School of Public Health aux États-Unis.

“Il est fondamental de comprendre qui vit avec le VIH et pourquoi.”

Stefan Baral, École de santé publique Johns Hopkins

Stefan Baral a souligné qu'en Afrique du Sud, un tiers des travailleuses du sexe sont porteuses du VIH, mais peu ou pas de recherches examinent leur comportement et leurs besoins en matière de soins de santé. "Les travailleurs du sexe ne sont souvent pas considérés comme pertinents dans les épidémies", a-t-il dit.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 37 millions de personnes vivent avec le VIH/Sida, ce qui entraîne un million de décès chaque année. Les conférenciers ont évoqué la recherche et la sensibilisation sur les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, une approche couronnée de succès : les taux d'infection chez les hommes chutent à travers le monde.

Mais en ce qui concerne les jeunes femmes, les rôles sexuels traditionnels ajoutent aux difficultés d'accès aux soins et de dépistage, ce qui contribue à l'augmentation du nombre d'infections observées dans le monde.

Dans de nombreuses régions du monde, une femme a peu de pouvoir de prendre des décisions qui engagement sa vie, notamment en ce qui concerne la gestion de ses propres deniers. La stigmatisation est également un problème, a déclaré à SciDev.Net Caroline Thomas, responsable du programme Persaudaraan Korban Napza, un réseau d'organisations en Indonésie.

Caroline Thomas a expliqué que de nombreuses femmes indonésiennes éviteront de consulter un médecin, ou même de passer un test parce qu'elles ne veulent pas être ostracisées par leur communauté ou risquer leur chance de mariage.

Un autre obstacle est que les femmes peuvent avoir des comportements à risque qui sont socialement tabous et tellement cachés, ce qui les rend difficiles à étudier. Un panel a discuté des rapports sexuels transactionnels, dans lesquels les femmes acceptent d'avoir des rapports sexuels avec un homme en échange de faveurs, de statut ou de biens matériels.

La pratique est courante dans de nombreux pays africains, mais reste malheureusement peu étudiée, car la plupart des femmes hésitent à en parler ou à le reconnaître, selon Kirsten Stoebenau, sociologue à l'American University, aux États-Unis. Ses recherches ont révélé que, selon les estimations, 45% des femmes est-africaines âgées de 15 à 24 ans avaient déjà eu des relations sexuelles transactionnelles.

"De mauvaises mesures rendent très difficile la compréhension de sa contribution au VIH", a déclaré Kristen Stoebenau.

Selon le Global AIDS Update de 2018, un rapport publié dans la perspective de la conférence, les infections peuvent également augmenter chez les populations autochtones, même dans des pays comme l'Australie et le Canada, où les infections sont pourtant généralement en forte baisse.

Bien que les experts estiment que les taux sont inquiétants parmi ces groupes, le manque de données adéquates rend difficile l'estimation de l'ampleur réelle du problème, selon les conférenciers. Une recherche sur les Warao, une communauté autochtone du Venezuela qui ne compte que 600 personnes, a révélé que 10% d'entre eux portaient le virus du VIH et aucun ne recevait de traitement.

En réponse à la discussion, les décideurs politiques à la conférence ont renouvelé les appels à la couverture sanitaire universelle, l'un des objectifs de développement durable. Cela permettrait aux personnes marginalisées et pauvres d'accéder aux soins, malgré les contraintes financières et sociales.

"Personne ne devrait se passer de traitement ou mourir du VIH en raison du manque d'accès aux soins de santé de base", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS.

Mais pour les scientifiques, il est également important d'accroître la recherche dans des communautés spécifiques, leur réponse à la maladie et les obstacles à la recherche de traitement.

"Éloignons-nous du concept de population générale", a déclaré Stefan Baral à l'auditoire. "Il est fondamental de comprendre qui vit avec le VIH et pourquoi."

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