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[OUAGADOUGOU] Les responsables de l’Agence nationale burkinabé de promotion des technologies de l’information et de la communication (TIC) ont saisi l’opportunité de la conférence internationale sur les villes et communautés intelligentes, à Ouagadougou, pour présenter le projet e-Burkina.

Le projet e-Burkina, plus connu sous le nom d’e-gouvernement ou e-gov, dont la plupart des services seront mis en exploitation à partir de 2019, vise à appuyer la mise en œuvre d'une stratégie de gouvernance en ligne, pour améliorer les services offerts par l’État aux citoyens, appuyer la mise en place d’e-services pour le secteur rural et inaugurer une ère de données ouvertes.

"E-Burkina est un projet d’appui à la mise en œuvre de la stratégie e-gov du Burkina Faso et est subdivisé en 4 composantes principales, avec une enveloppe totale de 20 millions USD, soit près de 12 milliards de Francs CFA", a déclaré à SciDev.Net, le directeur technique du projet e-Burkina, Malick Tapsoba.

“L’approche consistant à agir sur toute l’administration en bloc ne promet pas de bons résultats ;le risque, c'est de rester sur des applications autonomes qui ne satisferont que quelques services disparates, sans garantir l’interopérabilité.”

Hamet Ben Sta - Université de Tunis El Manar

Le responsable burkinabé précise qu’à travers ces quatre composantes, le projet aidera l’administration à offrir des services en ligne aux citoyens, à dématérialiser certaines procédures et accompagner l’entreprenariat numérique.

De façon concrète, la première composante, d’une enveloppe de 3 millions USD (1,6 milliard de CFA), regroupe tous les supports visant à mettre en place un environnement propice à l’administration électronique, incluant les cadres stratégiques, juridiques et réglementaires.

La seconde composante, la plus importante, absorbe la moitié du budget, soit 10 millions USD et regroupe la majorité des services à réaliser, notamment en ce qui concerne la gestion des données et le développement de plateformes numériques pour la fourniture d’e-services.

Tandis que la troisième composante vise à promouvoir les compétences locales en entreprenariat numérique et en innovation, avec une enveloppe de 4.5 millions USD, la dernière, quant à elle, consacrera 2.5 millions USD à la gestion du projet e-Burkina en soi, notamment la communication et le suivi-évaluation.

Retombées

En termes d’attentes, les citoyens peuvent par exemple espérer, entre autres, la mise en place d’un Système d’informations géographiques (SIG) pour le secteur rural, une plateforme offrant une multitude d’informations sur le secteur rural, dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’éducation, des ressources halieutiques, etc.

En somme, selon Malick Tapsoba, "le SIG sera un puissant outil d’aide à la décision pour les acteurs du secteur rural."

E-Burkina aidera également à renforcer l’actuel guichet virtuel de l’administration publique – en ajoutant de nouvelles fonctionnalités– et à dématérialiser la gestion des courriers au niveau de l’administration.

Se basant sur les difficultés rencontrées quotidiennement et au vu de ces développements, Halguiéta Trawina Nassa, directrice des services informatiques au ministère burkinabé de l’Environnement, de l’économie verte et du changement climatique, s’est réjouie de l’initiative et a exprimé son souhait de voir le projet aboutir.

Pour Halguiéta Trawina Nassa, il est important de régler la question clé de la signature électronique, dont la mise en œuvre tarde, en dépit du vote d'une loi. - Crédit Photo : SDN/Bilal Taïrou.



"E-Burkina est un projet qui est très attendu, car le besoin est réel et au regard des attentes et de l’évolution technologique, il est indispensable que l’on y arrive un jour", a-t-elle déclaré à SciDev.Net.

Dans sa démarche, le gouvernement burkinabé ambitionne appliquer simultanément cette transformation numérique à tous les ministères, donc à tous les secteurs, une approche qui laisse dubitatif Hamet Ben Sta, expert en informatique et professeur à l’université de Tunis El Manar, quant à son efficacité.

"Par expérience, l’approche consistant à agir sur toute l’administration en bloc ne promet pas de bons résultats ; car, l’on risque de rester sur des applications autonomes qui ne satisferont que quelques services disparates, sans garantir l’interopérabilité", estime-t-il, tout en conseillant de jouer la carte de la prudence en procédant pas à pas et service par service.

Hamet Ben Sta, expert en informatique et professeur à l’université de Tunis El Manar, met en garde contre la mise en place de systèmes difficiles à interconnecter. - Crédit Photo : SDN/Bilal Taïrou.


Selon lui, il faudrait alors considérer l’e-gov comme un cadre global et modulaire.

"Il faut effectuer des tests et obtenir des retours d’expérience, après lesquels l’on peut apporter des corrections et aller sur d’autres services", recommande-t-il.

Selon lui, cette dernière approche faciliterait l’avancement et la validation des valeurs de retour, que l’on pourra par la suite, capitaliser.

Si pour les responsables de l’Agence nationale burkinabé de promotion des TIC, l’horizon semble dégagé pour la mise en œuvre du projet e-Burkina, la question primordiale de la signature numérique demeure au niveau de certains usagers.

"Bien qu’il existe une loi qui autorise déjà la signature électronique, sa mise en œuvre demeure problématique jusqu’à ce jour", relève Halguiéta Trawina Nassa.