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[NAIROBI] Selon des participants à une réunion internationale, les scientifiques devraient mener plus de recherches pour créer des variétés de patate capables de résister aux inondations et d'aider à transformer la culture en d'autres produits, afin d'attirer les jeunes vers l'agriculture.

La réunion a concerné plus de 100 chercheurs, scientifiques et agroéconomistes d'Afrique subsaharienne, rassemblés pour évaluer les progrès réalisés dans la sélection de la patate douce.

Selon les conclusions de cette réunion, tenue au Kenya du 5 au 8 juin, des avancées ont été réalisées en termes de sélection de nouvelles variétés de patates telles que la patate douce orange très nutritive et pourraient aider à lutter contre la carence en vitamine A chez les enfants.

“La patate douce est depuis longtemps sous-utilisée en tant que culture vivrière en Afrique subsaharienne, mais elle gagne en importance.”

Lusike Wasilwa, Kenya Agricultural and Livestock Research Organizations

Selon Jan Low, agroéconomiste au Centre international de la pomme de terre (International Potato Center - CIP), cinq nouvelles variétés de patates douces ont été commercialisées au Kenya et en Ouganda ces deux dernières années.

Lusike Wasilwa, directrice des systèmes de culture de l'Organisation de recherche agricole et animale du Kenya, a déclaré à SciDev.Net : "La patate douce est depuis longtemps sous-utilisée en tant que culture vivrière en Afrique subsaharienne, mais elle gagne en importance."

Lusike Wasilwa appelle les scientifiques à mener davantage de recherches pour aider à utiliser la culture pour renforcer la sécurité alimentaire, dans un contexte marqué par des impacts liés au changement climatique tels que les inondations et les sécheresses prolongées.

La réunion organisée par le CIP avec le financement de la Fondation Bill et Melinda Gates, a rassemblé des sélectionneurs de patates douces du Burkina Faso, du Burundi, de Côte d'Ivoire, d'Éthiopie, du Ghana, du Kenya, de Madagascar, du Malawi, du Nigeria, du Rwanda, d'Afrique du Sud, de Tanzanie, d'Ouganda et de Zambie.

"Nous sommes maintenant confrontés à des inondations dans la plupart des régions du Kenya", déplore Lusike Wasilwa, ajoutant qu'il existe un besoin de variétés de patates douces qui peuvent prospérer dans les zones inondées.

Les experts ont noté que l'intensification de la culture de patate douce et la diversification de la culture pourraient également attirer les jeunes vers l'agriculture.

Lusike Wasilwa évoque la production de frites de patates et de tartes aux patates comme une entreprise qui pourrait attirer les jeunes dans le secteur.

Les experts qui ont assisté à la réunion disent que le continent a besoin de cultures de patates douces étendues aux terres arides et semi-arides (TASA), car il existe des variétés qui peuvent résister à des conditions météorologiques sèches.

"La culture de la patate douce peut être pratiquée dans différents environnements, même dans les hautes terres, car nous avons des variétés résistantes au froid", ajoute Jan Low.

Selon ce dernier, la culture des patates douces dans les zones montagneuses et les hauts plateaux pourrait contribuer à augmenter la production laitière de plus de 20% lorsque les vignes sont utilisées comme fourrage.

Robert Mwanga, un sélectionneur de patates douces du CIP en Ouganda, affirme que les gouvernements de l'Afrique subsaharienne devraient investir davantage dans la culture de la patate douce car cela peut aider à résoudre le problème de la malnutrition chez les enfants.

Les patates, dit-il dans une interview à SciDev.Net, sont riches en micronutriments tels que le zinc, le fer et la vitamine A. "La carence en vitamine A peut causer la cécité chez les enfants."

Robert Mwanga, lauréat du Prix mondial de l'alimentation 2016 avec Jan Low et Maria Andrade, sélectionneuse de patates douces au Mozambique, pour son travail dans la création de variétés de patates douces riches en vitamine A, a cité l'Ouganda comme pays ayant 32% de déficience en vitamine A, ce qui en fait un tueur silencieux d'enfants.

Il exhorte les petits exploitants à accroître la culture de la patate douce, étant donné qu'elle est facile à cultiver et qu'elle a une courte période de maturité, de l'ordre de trois mois.