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[AMSTERDAM] D'ici 2050, plus de cinq millions d'enfants risquent d'être infectés par le VIH, alors que le fardeau de la maladie se déplace d'Afrique de l'Est vers l'Afrique de l'Ouest, selon les dernières données présentées lors de la conférence AIDS 2018.

Un rapport rédigé par l'Unicef, le fonds des Nations Unies pour les enfants, a constaté que l'Afrique subsaharienne continue de connaître des taux élevés d'infection par le VIH, en particulier chez les jeunes et les femmes.

Les tendances de l'infection mises au jour par l'étude montrent que le taux d'infections diminue en Afrique australe et orientale, mais qu'il augmente en fait en Afrique centrale et en Afrique de l'Ouest.

“Si les donateurs diminuent leur soutien à la lutte contre le VIH, les conséquences pourraient être dévastatrices.”

Linda-Gail Bekker, Société internationale du sida

Environ deux tiers des personnes âgées de 0 à 19 ans nouvellement infectées d'ici 2050 seront des filles et des femmes, selon le rapport de l'Unicef, publié en mars 2018.

"Nous devons nous préparer à faire face à une épidémie qui n'est pas terminée", a déclaré Aleya Khalifa, responsable des statistiques de l'UNICEF pour le VIH/SIDA.

"L'Afrique subsaharienne n'est certainement pas sur la bonne voie pour éradiquer le sida d'ici 2030.

L'incidence du VIH chez les jeunes en Afrique a diminué lentement, de seulement 3% par an, a-t-on appris au cours de la conférence SIDA 2018 tenue le mois dernier (23-27 juillet) aux Pays-Bas.

Chez les filles et les femmes, les infections sont en augmentation, ce qui est en partie dû aux interventions sanitaires et les programmes de sensibilisation sont moins susceptibles de les atteindre, a expliqué Khalifa.

Le déplacement vers l'ouest des infections n'est pas encore entièrement compris, ont déclaré les experts.

Linda-Gail Bekker, présidente de l'International AIDS Society, a déclaré que les efforts de prévention et de traitement se sont concentrés sur les zones les plus touchées par le virus et se sont révélées efficaces.

Mais en conséquence, les zones où le VIH/SIDA a été négligé voient maintenant des taux d'infection croissants.

D'autres études présentées lors de l'événement ont montré que des interventions rapides prenant en compte les défis rencontrés par les patients africains pourraient être couronnées de succès en peu de temps.

Le gouvernement d'Eswatini (ex-Swaziland), un pays dans lequel 31% des personnes âgées de 18 à 49 ans vivent avec le VIH, a mis en place un programme selon lequel les antirétroviraux étaient administrés à tous les patients sans exiger de confirmation de leur charge virale.
 
Selon Velephi Okello, directeur adjoint des services cliniques au ministère de la Santé d'Eswatini, cela s'est traduit par une réduction de 44% des nouvelles infections depuis 2011.

"Cela a augmenté la fidélisation. 86% des personnes ont continué de prendre régulièrement des médicaments", a-t-elle déclaré à l'événement. "Nous avons constaté que l'accès précoce fonctionne, quel que soit l'état du patient."

Au Botswana, le projet de prévention Ya Tsie Botswana a commencé à offrir en 2013 une combinaison de traitements contre le VIH et d'autres options de soins de santé, comme les tests de circoncision masculine.

Une étude présentée par Moeketsi Makhema, chercheur au Botswana Harvard AIDS Institute Partnership, a montré que cela réduit les taux d'infection d'environ 30%. L'étude, qui a pris fin en 2018, couvrait 10% de la population du Botswana.

Linda-Gail Bekker a déclaré à la conférence que ces progrès ont montré que l'Afrique a la capacité de prendre le dessus sur le VIH/SIDA. Elle a fustigé les pays qui voient des taux croissants d'infection dépenser de l'argent pour développer la prévention du VIH. "Les données présentées aujourd'hui soulignent le besoin urgent de programmes de traitement capables de faire reculer l'épidémie en Afrique", a-t-elle déclaré.

Mais le financement pourrait devenir un problème central. Un rapport publié par la Kaiser Family Foundation et l'ONUSIDA, le mois dernier, a montré que huit des 14 plus grands gouvernements donateurs ont réduit leurs dépenses sur la maladie en 2017. Les pays d'Afrique centrale et occidentale où le VIH/SIDA est en hausse sont parmi les plus pauvres, les plus touchés par les conflits sur le continent, et jusqu'à 80% de leur budget pour lutter contre le virus proviennent d'organismes externes.

"Si les donateurs baissent le niveau de leur soutien à la lutte contre le VIH, les conséquences pourraient être dévastatrices", a déclaré Linda-Gail Bekker.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.

Références

[1] Financement gouvernemental des donateurs pour le VIH dans les pays à revenu faible et intermédiaire en 2017 (Kaiser Family Foundation & ONUSIDA, juillet 2018)
[2] Progrès pour chaque enfant de l'ère des ODD (ONUSIDA, mars 2018

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