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[ANTANANARIVO] Madagascar a abrité en ce mois de mai une série de conférences ayant pour but d'aider à insuffler une nouvelle dynamique à la recherche scientifique, en réfléchissant aux chausse-trappes qui se dressent sur le chemin des chercheurs, dans l'accomplissement de leur mission, ainsi qu'aux moyens de stimuler des vocations de chercheurs.

Plusieurs conférences organisées à l’Académie malgache (le 14 mai), à l’université d’Antananarivo (le 16 mai), sur la chaîne de télévision d’Etat (TVM, le 18 mai au soir) et, fait sans précédent, à l’église (le 19 mai matin) initiées par le Groupe d’étude et de recherche sur les primates de Madagascar (GERP) ont ainsi permis aux étudiants et jeunes chercheurs d’apprendre sur les manières de surmonter les obstacles inhérents à l'entreprise de recherche.

"L’avenir de notre pays dépend en premier lieu de tous les Malgaches, de notre travail et du génie créateur de notre peuple", a martelé Raoelina Andriambololona, premier malgache docteur en physique nucléaire, âgé de 82 ans, lors d'un débat sur le thème "l'évolution de la recherche scientifique à Madagascar : allons-nous dans la bonne direction ?"

“Les chercheurs malgaches ne publient pas assez et ne sont pas non plus assez cités par leurs pairs.”

Jonah Ratsimbazafy - Président du Groupe d’étude et de recherche sur les primates de Madagascar (GERP)

Membre de plusieurs organisations nationales et internationales dédiées à la recherche, dont l'Académie Africaine des Sciences (AAS), Raoelina Andriambololona a à son actif 50 ans d’activités d’enseignement et de recherche.

D'emblée, la question de la faiblesse du volume de publications des chercheurs malgaches s'est installée au cœur des discussions.

D'après les orateurs, la publication du résultat de la recherche reste en effet la clé principale de la reconnaissance d’un chercheur professionnel.

"Un chercheur qui ne diffuse pas le fruit de son travail à travers des publications est comme un médecin en possession de médicaments mais refusant de les donner à ses patients. C’est un crime", estime Jonah Ratsimbazafy, primatologue de renommée mondiale et président du GERP.

Pour sa part, Minoson Rakotomalala, ancien directeur de l'Institut pour la maîtrise de l'eau et enseignant à l'université, a relevé que "la vie est un laboratoire naturel. Celui qui sait fonder sa propre expérience sur celle de ceux qui ont réussi réussira aussi."
 
Les participants ont notamment fait remarquer que l’indice h [1] le plus élevé du pays est de 19, un chiffre faible, comparativement à ceux d’autre pays de la région, et encore trop peu de chercheurs malgaches atteignent un indice h de 10.

Ce constat a poussé Jonah Ratsimbazafy à regretter que "les chercheurs malgaches ne publient pas assez et ne sont pas non plus assez cités par leurs pairs".

Pour Falintsoa Razafintsalama, étudiante en troisième année de thèse en sciences nucléaires, la vraie problématique se trouve dans le manque d’orientation précoce des jeunes étudiants.

"Même si les parents ont les possibilités pour appuyer les études de leurs enfants, les tergiversations émoussent la volonté. Or, toute entreprise de recherche exige avant tout la volonté et le courage", observe-t-elle.

Enfin, s'est posée la question de la compétitivité des universités malgaches sur le plan mondial.

D'après le classement de l’African Universities and Higher Education Ranking (2015) publié par The World University Ranking, l'université d'Antananarivo, la mieux classée des universités du pays, n'arrive qu'à la 125e place sur le continent africain.

Les chercheurs senior veulent que cet état de fait change radicalement et rêvent à courte échéance d'un récipiendaire du prix Nobel originaire de l’île.

Références

[1] Il s’agit d'un outil permettant de mesurer la productivité et l’impact scientifique d’un chercheur, sur la base du nombre total d'articles à valeur internationale publiés et du nombre de citations pour chaque article.