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L'Université Alioune Diop de Bambey, au Sénégal (UADB), est devenue la première institution dans le monde en développement à se soumettre à un examen visant à évaluer sa capacité à mener des recherches éthiques et à négocier des accords équitables avec des collaborateurs internationaux.

L'examen, connu sous le nom d'Initiative pour l'équité dans la recherche (IRF - Research Fairness Initiative), a révélé plusieurs lacunes - par exemple, la protection des droits de propriété intellectuelle (DPI) par l'université et la protection des documents scientifiques transférés hors du pays.

Mais le leader de RFI estime que cela soutiendra les efforts du pays dans le cadre de l'amélioration de la qualité de la recherche.

“Chaque institution peut demander aux collaborateurs de respecter les différents indicateurs de son rapport RFI qui serviront de guide lors des négociations.”

Soukèye Dia Tine

Pendant ce temps, deux organisations européennes - un bailleur de fonds et une université - ont également entrepris de se livrer à l'exercice.

L'UADB a commencé à évaluer son équité en matière de recherche en 2016 et devrait rendre publics les résultats le mois prochain. Deux autres organisations sénégalaises - le  Centre d'Excellence Africain pour la Santé de la Mère et de l'Enfant  (CEA-SAMEF) et l'Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (Iressef) achèvent leurs évaluations.

Les trois organisations ont découvert qu'elles n'avaient aucun protocole régissant le transfert de spécimens biologiques hors du pays. Elles ont également trouvé des faiblesses dans des domaines tels que les DPI et le transfert de technologie qui permettent à l'université de partager les bénéfices de la recherche, ainsi que dans la négociation de contrats et de budgets équitables.

L'UADB a estimé qu'elle n'avait pas la capacité juridique de négocier un contrat de recherche équitable avec un partenaire international.

Soukèye Dia Tine, directrice du financement de la recherche et du développement technologique au ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, a coordonné la revue pour les trois institutions.

Dans une présentation écrite pour le Geneva Health Forum le mois dernier, elle a dit que l'examen avait révélé des problèmes supplémentaires - par exemple, les collaborateurs du Nord n'ont pas mentionné les principes d'équité de la recherche dans leurs contrats, bien qu'ils y aient souscrit dans leurs pays respectifs.

Soukèye Dia Tine estime en outre que le projet était onéreux, mais utile. "C'était un travail très dur. Mais c'est un bon projet et ... nous espérons l'appliquer à toutes les institutions de recherche sénégalaises".

Elle estime qu'à l'avenir, "chaque institution peut demander aux collaborateurs de respecter les différents indicateurs de son rapport RFI, qui serviront de guide lors des négociations".
 
Carel IJsselmuiden, directeur exécutif du Conseil pour la recherche en santé au service du développement (Council on Health Research for Development  - COHRED), qui a conçu l'initiative, affirme que cette dernière est une tentative de joindre l'acte à la parole quand il s'agit de l'injustice qui gangrène les collaborations internationales en matière de recherche. Parfois, les pays pauvres trouvent qu'ils servent simplement de laboratoires ou se plaignent que les scientifiques locaux soient ignorés, mal récompensés, traités simplement comme des collecteurs de données et omis de la paternité des documents.

Carel IJsselmuiden estime en outre que les revues sénégalaises ont mis au jour quelques "opportunités faciles à saisir pour améliorer rapidement certaines politiques et pratiques."

Par exemple, le ministère sénégalais de la Recherche et de l'enseignement supérieur envisage maintenant de rédiger rapidement un accord générique pour le transfert de matériel.

Robert Terry, directeur des politiques de recherche pour TDR, un programme basé à Genève qui soutient la recherche et la formation sur les maladies tropicales, dit que le rapport de l'UADB a produit une "liste impressionnante de choses à combattre qui pourraient être décourageantes. C'était courageux de leur part de le faire", a-t-il dit.

TDR est devenue la première organisation dans le monde développé à publier sa propre évaluation RFI plus tôt cette année. L'Institut d'Hygiène et de Médecine tropicale de l'Université Nova de Lisbonne devrait également publier sous peu ses résultats.

Robert Terry a déclaré au Forum que le processus avait révélé "certaines choses auxquelles nous n'avions jamais pensé auparavant", comme s'assurer qu'un projet s'approvisionne si possible en fournitures sur le marché local, au lieu de les importer. Il a également constaté qu'il pouvait faire davantage pour aider les bénéficiaires à améliorer leur budget, réduire l'impact environnemental des projets et mieux suivre les progrès vers les objectifs de développement durable (ODD).
 
"Soyons honnêtes, nous ne pensons pas souvent "prenons un peu de recul et passons en revue toute notre administration", explique Robert Terry. "Cela vous permet réellement de le faire de manière systématique et c'est un exercice à forte valeur ajoutée.

Toutefois, le processus a été intensif, a-t-il concédé. Les organisations devaient également tenir compte du risque de réputation lié à la publication d'un tel rapport. Et produire cela signifiait cajoler le personnel réticent qui "perçoit cela comme une forme d'évaluation et devient vraiment nerveux", a ajouté Robert Terry.

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