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Des chercheurs de l’École de médecine tropicale de Liverpool (Liverpool School of Tropical Medecine – LSTM), regroupés au sein de l’unité ETCH (Engaging Tools for Communication in Health) ont mis au point une application à des fins de lutte anti-vectorielle, contre la malaria (paludisme).
 
Appelé Resistance 101, ce serious game (jeu vidéo avec une intention sérieuse telle que la formation, l’information, etc. donc, dépassant le simple divertissement) qui a été présenté lors de la 7ème conférence panafricaine de l’initiative multilatérale sur la malaria (MIM), vise à enseigner les connaissances de base sur le mécanisme de résistance des vecteurs de la maladie face aux insecticides.
 
"Ce jeu a été développé dans une approche inclusive, en partenariat avec des équipes africaines, notamment en Ethiopie et en Zambie", peut-on apprendre de Claire Dormann, spécialiste en psycho-sociologie et en informatique et associée de recherche senior à la LSTM.

“Les participants sont intéressés et engagés car l’outil est différent des formations magistrales avec simplement des prises de notes, qu’ils ont l’habitude d’avoir”

Claire Dormann, associée de recherche senior à la LSTM

Ce jeu de style arcade,c’est-à-dire dépourvu de toute notion de réalisme, est gratuitement téléchargeable en ligne sur mobile et s’adresse surtout aux enfants et aux jeunes.
 
Mais il peut également servir comme outil de communication pour les professeurs pendant leurs cours.
 
Après une première expérience en Zambie et en Ethiopie, Claire Dormann confie à SciDev.Net que le retour a été positif.
 
"Les participants sont intéressés et engagés car l’outil est différent des formations magistrales avec simplement des prises de notes, qu’ils ont l’habitude d’avoir", se réjouit-elle.
 
L’application est disponible en français et en anglais par défaut, mais aussi paramétrable avec d’autres langues sur demande ; par exemple lorsqu’il s’agit d’un déploiement à grande échelle, au niveau gouvernemental.
 
Les vingt-six niveaux du jeu sont répartis en différents chapitres, tous basés sur les mécanismes de la résistance : lutte anti-vectorielle, résistance et propagation, classes d’insecticide et modes d’action, mécanismes de résistance (résistance du site cible, résistance métabolique, résistance croisée), etc.
 
"Une vidéo, développée avec des spécialistes du domaine, explique au niveau de chaque chapitre, le thème et le concept en jeu", explique Claire Dormann.

Réserves

Cette dernière précise que "pour jouer, il faut d’abord voir les vidéos, puis ensuite réussir chaque niveau pour débloquer le niveau suivant, comme dans un principe de jeu classique".
 
Profitant d’une démonstration, cette dernière a pris le soin de souligner que "le but du jeu est de tuer tous les moustiques d’une façon particulière avec le bon insecticide".
 
Si elle trouve cette application innovante, Simone Asangono, étudiante en médecine à l’université de Malabo (Guinée Équatoriale), émet quelques réserves concernant son utilisation.
 
"Face aux outils numériques, aussi innovants qu’ils soient, les défis restent les mêmes en Afrique : électricité, connectivité, etc. Cet outil est très utile, mais je pense que son usage sera malheureusement limité à une partie de la population", argumente-t-elle.
 
"Car, ajoute-t-elle, je vois mal les personnes vivant dans les villages reculés et qui n’ont accès ni à l’électricité, ni aux smartphones, s’en servir".
 
L’initiative est toutefois saluée par Célestin Nsibu, professeur à l’université de Kinshasa et président du comité scientifique de lutte antipaludique en République démocratique du Congo (RDC).
 

Prévention

Pour ce dernier, "l’un des points clés de la prévention est la lutte anti-vectorielle. Dans la lutte contre le paludisme, la maitrise des mécanismes de résistance des moustiques contre les insecticides est très importante parce qu’il faut s’adapter continuellement pour utiliser des produits efficaces".
 
Si les jeux développés par la LSTM sont pour la plupart gratuits et libres d’accès au public, il faut savoir que derrière, les projets sont financés par des organisations caritatives et non-gouvernementales.
 
Dans le cas d’espèce, Resistance 101 a été financé par l’Union européenne, à travers le consortium "Communication de gestion de diagnostic – Contrôle du vecteur de la malaria", plus connu sous l’acronyme anglosaxon DMC-MalVec (Diagnosis Management Communication – Malaria Vector Control), avec le soutien de la fondation Bill & Melinda Gates.
 
La malaria demeure un problème majeur de santé dans le monde, plus précisément dans les pays du sud.
 
D’après le dernier rapport publié en novembre 2017 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), on dénombre 216 millions de cas de malaria dans 91 pays en 2016, avec un nombre de décès estimé à 445.000.