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[ACCRA] Selon l'OMS, le Ghana a éliminé le trachome, la principale cause mondiale de cécité infectieuse, et entre ainsi dans l'histoire comme le premier pays africain à réaliser cet exploit.

Selon la même source, environ 190 millions de personnes courent un risque de contracter la maladie dans 41 pays et près de deux millions de personnes souffrent de cécité ou de déficience visuelle résultant de la maladie.

"Cela fait 20 ans que la communauté mondiale de la santé s'est engagée à éliminer le trachome dans le monde", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesu, le directeur général de l'OMS, dans un communiqué publié le 13 juin. "Bien qu'il y ait plus de travail à faire ailleurs, la validation de l'élimination au Ghana permet à un pays de plus, auparavant fortement endémique, de célébrer un succès significatif."

“Nous avons emménagé dans les communautés pour les accompagner dans l'éducation sanitaire, en particulier contre la défécation à l'air libre.”

Benjamin Marfo, Unité Maladies Tropicales Négligées, Ghana Health Service

La Ghanéenne Agatha Aboe, conseillère mondiale sur le trachome de Sight Savers, une organisation non gouvernementale impliquée dans la lutte contre la maladie, a déclaré à SciDev.Net que la réussite du Ghana est une bonne nouvelle pour les habitants des régions du Nord et du Nord-Ouest du pays, où plus de deux millions de personnes pourraient devenir aveugles, si elles avaient été infectées par la maladie.

La maladie était endémique dans les zones sèches et poussiéreuses des deux régions dépourvues de réseaux routiers adéquats. Agatha Aboe dit qu'à cause de cette affection, certains enfants ne pouvaient sortir de chez eux, parce qu'ils ne pouvaient pas s'exposer au soleil, ce qui avait des conséquences sur leur éducation.
 
Benjamin Marfo, directeur par intérim de l'Unité Maladies Tropicales Négligées du Service de Santé du Ghana, explique à SciDev.Net que pour lutter contre la maladie, le gouvernement a mis en place en 2009 un programme spécial de chirurgie des personnes touchées et de propreté du visage et de l'environnement, tout en fournissant des antibiotiques à 37 districts endémiques des régions du Nord et du Nord-Ouest.

Selon Benjamin Marfo, le gouvernement a collaboré avec de nombreuses organisations non gouvernementales pour fournir des latrines et de l'eau potable aux communautés à risque et aider à lutter contre le trachome.

"Nous nous sommes déplacés dans les communautés pour les accompagner dans l'éducation sanitaire, en particulier contre la défécation à l'air libre, car les mouches qui transportent les parasites se nourrissent d'excréments humains", explique-t-il.

Le responsable ghanéen ajoute par ailleurs que des pays africains tels que le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, l'Erythrée, l'Ouganda et le Zimbabwe doivent lutter contre la maladie et assurer la propreté de l'environnement dans les zones où elle est endémique.

"Il doit y avoir une administration massive de médicaments en cas d'épidémie", poursuit-il.

Fusseina Alhassan, une femme de 45 ans de la région nord du Ghana, dit pour sa part que le succès du Ghana a mis fin à ses craintes de voir ses neveux et nièces arrêter leur éducation à cause de la maladie.

"J'ai vu comment cela a détruit l'éducation de beaucoup d'enfants qui devaient rester à l'intérieur à cause de la maladie", explique-t-elle.

Selon elle, l'élimination de la maladie pourrait également avoir un impact positif sur l'agriculture.

"Mon défunt père a souffert de cécité à cause de cette maladie et je ressens encore les douleurs qu'il a endurées. Un homme fort qui est allé à la ferme par ses propres moyens, mais qui a ensuite dû rester à la maison sans rien faire parce qu'il a perdu la vue", ajoute-t-elle.