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[NAIROBI] L'agriculture est une activité risquée en Afrique, en raison de dangers tels que les incertitudes de la météo et des infrastructures déficientes en milieu rural ; mais un nouveau guide détaillé sur l'état et les opportunités d'une agriculture intelligente face au climat pourrait apporter des changements nécessaires aux agriculteurs.

Le guide détaillé pour l'AIFC couvre 14 pays africains et vise à orienter les futurs investissements et la réduction des risques dans la mise en œuvre de l'approche AIFC.

Selon la FAO, l'AIFC est une approche qui aide les systèmes agricoles à soutenir efficacement le développement et à assurer la sécurité alimentaire dans le contexte du changement climatique.

Le guide, lancé au Kenya le 16 mai par des scientifiques du Centre international d'agriculture tropicale (CIAT) au Sommet africain sur l'agriculture intelligente face au climat, donne une compréhension globale de l'AIFC, y compris les environnements institutionnels, politiques et financiers nationaux propices à l'adoption de telles pratiques.

“Les profils pays de l'AIFC renseignent les gouvernements, les partenaires au développement, la société civile et le secteur privé sur les principaux risques climatiques en agriculture.”

Sebastian Gray, CIAT

"Bien que l'AIFC bénéficie d'un soutien de haut niveau, son adoption demeure faible, principalement en raison du manque de connaissances sur les pratiques et des coûts initiaux souvent élevés, entre autres obstacles", explique Sebastian Gray, chercheur spécialisé dans le domaine des changements climatiques, au CIAT.

Sebastian Gray ajoute que le concept de profil AIFC a été conçu pour guider un projet AIFC de la Banque mondiale d'une valeur de 250 millions de dollars, mais que les guides pour les pays africains ont commencé à être élaborés en 2016 pour le Bénin, la Côte d'Ivoire, l'Éthiopie, le Kenya, le Lesotho, le Mali, le Mozambique, le Niger, le Rwanda, le Sénégal, la Tanzanie, l'Ouganda, la  Zambie et le Zimbabwe.

Les profils pays de l'AIFC donnent un aperçu du contexte et des défis agricoles dans chaque pays par le biais de l'AIFC et fournissent un aperçu des principaux problèmes, défis, contraintes, opportunités et facteurs permettant d'intensifier l'adoption de pratiques agricoles intelligentes face au climat, suivant des chaînes de valeur spécifiques, explique-t-il.

Ce risque dans l'agriculture conduit souvent à l'indisponibilité de la finance et de l'assurance ou seulement à des taux d'intérêt élevés à deux chiffres et à des primes d'assurance extrêmement élevées.

"Les profils pays de l'AIFC informent les gouvernements, les partenaires au développement, la société civile et le secteur privé sur les principaux risques climatiques dans l'agriculture et quelles sont les pratiques de l'AIFC les plus susceptibles de réduire ces risques dans des endroits spécifiques", a déclaré Sebastian Grey à SciDev.Net, ajoutant que le guide met en lumière les barrières et les opportunités où les investissements pourraient le mieux être réalisés avec les meilleurs rendements, en ce qui concerne les trois piliers de l'AIFC : augmenter la productivité, améliorer la résilience et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Les profils, selon Sebastian Gray, fournissent des informations clés nécessaires pour réduire les risques liés aux investissements agricoles, contribuant à rendre l'agriculture résiliente aux changements climatiques.

"La réduction des risques est essentielle pour libérer le financement agricole en permettant aux investisseurs, aux développeurs de projets et aux gouvernements de réduire les possibilités de résultats négatifs ou insatisfaisants", explique-t-il.

Chris A. Shisanya, un expert en climatologie et en gestion intégrée des bassins versants a déclaré à SciDev.Net que ces guides sont opportuns et fournissent les preuves nécessaires pour guider les investisseurs intéressés par l'AIFC.

Tout comme les entreprises veulent prendre des risques, les directives fournissent un cadre dans lequel les investisseurs dans une agriculture intelligente face au climat pourraient minimiser ces risques, ajoute Chris Shisanya.

"L'AIFC n'est ni un système, ni une pratique prescrite, ni une technologie spécifique qui peut être universellement appliquée", explique Chris Shisanya, qui est professeur et doyen de l'École des sciences humaines de l'Université Kenyatta au Kenya. "Il s'agit plutôt d'une approche qui nécessite des évaluations contextuelles des conditions sociales, économiques et écologiques, afin d'identifier les technologies et pratiques agricoles appropriées."

Chris Shisanya déclare à SciDev.Net que les gouvernements pourraient jouer un rôle clé, en permettant l'intensification de l'AIFC en Afrique subsaharienne.

 "L'adoption réussie et l'intensification des pratiques de l'AIFC exigent une bonne compréhension des contextes politiques, socio-économiques et agro-écologiques", ajoute-t-il.