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[NAIROBI] Les actions post-2020 des pays africains pour le climat doivent être intégrées dans les plans de développement nationaux et régionaux, pour faciliter la mise en œuvre, ont estimé des participants à une conférence.

Les actions climatiques connues sous le nom de contributions déterminées au niveau national (CDN), sont des éléments clés de l'Accord de Paris, chaque pays étant tenu de préparer et de communiquer des plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation au changement climatique.

Selon des experts qui ont assisté au Forum Carbone Afrique au Kenya le mois dernier (9-13 avril), les CDN sont préparées à la hâte par les pays africains et ne sont pas bien structurées dans les plans de développement durable du continent, ce qui rend difficile la création d'un cadre juridique pour leur gouvernance et leur financement.

"Les CDN devraient cibler des secteurs clés tels que l'agriculture, qui contribuent à la croissance économique et à la sécurité alimentaire du continent et devraient être incluses dans les plans de développement tels que l'Agenda 2063 de l'UA", a déclaré Richard Munang, coordinateur du Programme des Nations Unies pour l'environnement - PNUE).

"Les CDN devraient cibler des secteurs clés tels que l'agriculture, qui contribuent à la croissance économique et à la sécurité alimentaire du continent".
Richard Munang, Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)
 
Le forum, organisé parallèlement à la Semaine africaine du climat et accueilli par l'Autorité nationale de gestion de l'environnement du Kenya, a rassemblé des experts d'institutions universitaires, de la société civile, d'institutions de recherche, du gouvernement et du secteur privé.

Il a été coorganisé par la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, Climate Challenges Market Solutions et le PNUE.

Al-Hamdou Dorsouma, directeur de la division du changement climatique et de la croissance verte de la Banque africaine de développement, a déclaré qu'il était nécessaire que les pays élaborent eux-mêmes les CDN.

"Beaucoup de CDN en Afrique sont développées par des experts expatriés, qui laissent de côté une priorité cardinale de l'Afrique, relative à l'adaptation au changement climatique", a expliqué Al-Hamdou Dorsouma.

Dans une interview avec SciDev.Net, Al-Hamdou Dorsouma a déclaré qu'il est nécessaire de créer et de soutenir un centre régional qui regroupe des ressources et des experts pour aider l'Afrique à développer des CDN en fonction de leurs besoins avant 2020.

"Certaines CDN ne sont pas bien développées parce qu'il n'y a pas de normes", a-t-il dit, ajoutant qu'il est nécessaire d'établir des normes qui reflètent les réalités de l'Afrique.

Il a en outre exhorté les pays africains à changer de discours, en considérant le changement climatique comme une opportunité d'investissement et pas comme une menace.

Par exemple, il a déclaré qu'une utilisation accrue des énergies renouvelables pourrait réduire les émissions de gaz à effet de serre. "Nous devons faire du changement climatique l'affaire du secteur privé, pour injecter de l'argent en développant des innovations et des solutions pour aider à s'y adapter", a ajouté Al-Hamdou Dorsouma.

Pour sa part, Josefa Sacko, commissaire au développement rural et à l'agriculture de l'Union africaine, a déclaré aux participants que le plus grand défi de l'Afrique en matière de conception et de mise en œuvre des CDN est l'insuffisance des financements.

Les pays africains, a-t-elle déclaré, doivent augmenter leur niveau d'ambition dans la mise en œuvre des CDN et renforcer le dialogue avec leurs homologues des pays développés, pour un soutien financier.

Un tel dialogue Sud-Nord, a-t-elle expliqué, pourrait également aider les pays africains à renforcer les capacités nécessaires pour la mise en œuvre des CDN.

Elle a par ailleurs félicité l'Ouganda, devenu le premier pays africain à avoir un programme de partenariat CDN, le Kenya pour son soutien au développement du Plan d'action national sur le changement climatique 2018-2022, le Mali pour la mise au point d'un plan d'investissement et le Maroc pour la création d'un centre de compétences sur le changement climatique.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique anglophone de SciDev.Net.