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Les experts à la quatrième Conférence internationale sur le manioc, tenue à Cotonou du 11 au 15 juin, soulignent le besoin d’améliorer la productivité du tubercule sur le continent, à travers le renforcement des capacités des agriculteurs et la mise à disposition de variétés améliorées.
 
Organisée sous l’égide du Partenariat mondial du manioc pour le 21e siècle [GCP21 - Global Cassava Partnership for the 21st century], la rencontre a eu pour thème "la transformation du manioc en Afrique".
 
Le rendement moyen en Afrique est actuellement de 9 tonnes à l’hectare, alors que les potentialités réelles sont évaluées à près de 80 tonnes. Dans le même temps, un pays comme l’Inde enregistre jusqu’à 35 tonnes de manioc à l’hectare.
 
Chercheurs, décideurs, partenaires et producteurs ont tour à tour examiné les progrès scientifiques récents et identifié les priorités et défis pour la recherche, en vue du développement de la filière manioc.
 
Selon Stefan Hauser, ingénieur agronome, chargé des systèmes de racines et tubercules à l’Institut International d’Agriculture Tropicale (IITA - International Institute of Tropical Agriculture (IITA), les raisons de cette faible productivité en Afrique sont de quatre ordres : l'infertilité des sols, les maladies, les pestes, les variétés non adaptées et le changement climatique.

 
"Au niveau du climat, les trop longues saisons sèches ou les pluies très abondantes sur périodes courtes, imposent la nécessité de variétés assez tolérantes à la sécheresse et surtout aux maladies. La diversité de ces affections est un facteur qui complique la lutte, étant donné que les pestes se suivent mais ne se ressemblent pas", indique Stefan Hauser.
 
L’expert ajoute que des expériences sont en cours, sur le plan de l’amélioration génétique, mais la multiplicité de variétés constitue une entrave à l’obtention de meilleurs rendements.
 
Le rendement est aussi conditionné par les systèmes en place au niveau des producteurs : engrais, densité, labour des sols, lutte contre les mauvaises herbes, par exemple.
 
Selon Stefan Hauser, l’IITA travaille actuellement à créer des systèmes d’information permettant aux paysans d’échanger des données et techniques via des applications mobiles.
 
L’institut pense à des plateformes qui enregistrent les requêtes des paysans pour leur fournir des informations essentielles comme la composition et le dosage d’engrais, par exemple.
 
Ces données étant souvent variables selon les pays et les régions, l’ITTA s’attèle à la confection d’algorithmes intégrant les sites et la capacité des paysans à investir.
 
Les premières versions de ce genre d’application sont en cours de validation au Nigeria et en Tanzanie, en attendant leur généralisation dans des pays comme le Bénin, le Togo et le Ghana.
 
Alfred Dixon, chercheur à l’IITA et l'un des deux lauréats du "2018 Golden Cassava Prize", décerné par le GCP21 au cours de la conférence de Cotonou, estime que l’une des causes de cette faible productivité est l’accès limité des producteurs de manioc aux variétés améliorées.
 
De même, la plupart des producteurs africains ne maîtrisent pas les bonnes pratiques agricoles.
 
Il s’agira donc, selon lui, de multiplier et distribuer massivement les variétés améliorées à ces producteurs, tout en renforçant leurs capacités et connaissance des bonnes pratiques culturales, afin d’augmenter la productivité et la porter à au moins 20 tonnes par hectare en Afrique, contre 10% actuellement.



Pour sa part, Hernan Ceballos, chercheur au CIAT (Centre international d’Agriculture Tropicale), l’autre lauréat du "2018 Golden Cassava Prize" distingué à Cotonou, plaide lui pour une interaction entre les chercheurs africains et latino-américains, visant à introduire en Afrique certaines variétés améliorées ayant fait leurs preuves en Amérique latine.
 
Il nourrit l’espoir que l’on constate bientôt une large gamme de variétés développées pour différents usages et besoins industriels.


 
Annonçant les lauréats du prix lors de la Conférence du GCP21 sur le manioc à Cotonou, Claude Fauquet, directeur du GCP21, a déclaré qu'Alfred Dixon et Hernan Ceballos ont été sélectionnés parmi une équipe de six chercheurs hautement qualifiés à travers le monde.