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A l’occasion de l’édition 2018 des Journées de la sécurité numérique en Afrique (Dakar Security Days 2018), tenue les 14 et 15 mai dans la capitale sénégalaise, les experts ont appelé à un sursaut général en matière de cybersécurité en Afrique, au regard de la complexité de la nouvelle donne technologique.

"Il est grand temps de changer de mentalité et de se pencher sur les nouvelles technologies et les nouveaux outils susceptibles d’être exploités, surtout que les cyber-menaces ne cessent de se multiplier et de se complexifier", a déclaré à SciDev.Net Adama Sylla, consultant en sécurité des systèmes d'information.

L’orateur a appelé à avoir une vision plus prospective, voire avant-gardiste, afin de réduire au maximum les risques de cyberattaque, voire de les anticiper.
Pour sa part, Affousatou Thiam, spécialiste en sciences des données, estime que ce changement passe par l’adoption de nouvelles solutions disruptives.

"Il faut s’écarter des solutions traditionnelles de lutte contre la cybercriminalité, devenues caduques face à l’évolution des cyberattaques et se tourner vers de nouvelles solutions telles que la blockchain et le machine learning", préconise-t-elle, estimant que cela permettrait de tenir tête aux techniques des pirates informatiques qui continuent de s’améliorer aussi, de leur côté.

La blockchain est une infrastructure virtuelle mise en place depuis 2008. Elle peut être envisagée sous la forme d'une base de données dupliquée des milliers de fois sur un réseau d'ordinateurs et dont la sécurité et l'intégrité sont garanties par des technologies avancées de cryptage. Elle a, entre autres, permis la création du bitcoin, la première crypto-monnaie.

Elle est une technologie qui permet de solutionner le problème de la confiance numérique de par ses principes de base que sont la traçabilité, l’inviolabilité et la contrôlabilité des opérations.

Le "machine learning" quant à lui est une technologie basée sur l’Intelligence Artificielle (IA), qui permet aux ordinateurs d’apprendre par eux-mêmes sans avoir été explicitement programmés pour cela, au fur et à mesure qu’ils traitent des données.

Il est également mis à contribution depuis quelques temps pour faciliter la détection précoce des anomalies et attaques dans les réseaux informatiques, afin de permettre des réactions rapides.

Selon Me Léon Patrice Sarr, avocat à la cour d’appel de Dakar, tandis que ces nouvelles technologies sont au cœur des débats autour de la cybersécurité sur les autres continents, en Afrique, il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

"Par exemple, je n’ai pas entendu parler de la blockchain depuis l’ouverture de ce forum, tandis qu’il fait, ailleurs, les beaux jours de l’infrastructure sécuritaire", déplore-t-il.

Obstacles

Même s’il est d’avis que ces solutions innovantes sont efficaces et méritent d’être explorées en Afrique, Malick Camara, expert en cryptologie, rappelle le besoin de faire du "vrai big data", c’est-à-dire de produire et traiter des données vraiment volumineuses, avant de prétendre à exploiter des solutions telles que le machine learning, ce qui, de son avis, ne semble pas encore être le cas en Afrique.

Me Léon Patrice Sarr identifie pour sa part d’autres obstacles qui empêchent les Africains de se pencher sur ces solutions disruptives, tels que le manque d’information et de formation, le manque d’infrastructures énergétiques et informatiques et surtout l'absence de financement.

L’intéressé explique notamment que la culture africaine en matière de financement amène les institutions à ne financer que les affaires ayant le potentiel de générer des bénéfices dans l’immédiat, ce qui, selon lui, justifie le fait que "nous n’arrivons pas à financer la recherche fondamentale qui, par définition, n'a pas pour objet de générer des profits immédiats".

Les journées de la sécurité numérique sont une manifestation annuelle organisée par les décideurs et acteurs du numérique en Afrique, ainsi que les représentants des Etats pour réfléchir aux moyens de renforcer la sécurité des infrastructures numériques sur le continent.